Sélectionner une page
LA CRISE VA-T-ELLE RENDRE LES ENTREPRISES PLUS ALTRUISTES? Interview dans G.I.V.E./Condenast

LA CRISE VA-T-ELLE RENDRE LES ENTREPRISES PLUS ALTRUISTES? Interview dans G.I.V.E./Condenast

LA CRISE VA-T-ELLE RENDRE LES ENTREPRISES PLUS ALTRUISTES ?

CONVERSATION AVEC ISAAC GETZ & LAURENT MARBACHER

LE MAGAZINE G. I .V. E., Mai 2020

Comment est né votre concept d’entreprise altruiste ?
Laurent Marbacher : Ce concept vient d’un travail de recherche que nous avons mené pendant cinq ans. Nous nous sommes demandé : que se passe-t-il dans les entreprises où les relations à des interlocuteurs externes, que ce soient des clients
ou des fournisseurs, sont fondées sur un respect de l’autre, une prise de considération de l’autre en tant qu’être humain, au-delà du fait d’être un simple agent économique ? Cette recherche nous a menés à la fois à un travail d’investigation
et de recensement d’entreprises qui agissent différemment par rapport à tous ces interlocuteurs externes. Nous les avons visitées, nous avons rencontré les cadres dirigeants, les salariés, et parfois même les fournisseurs et clients. À partir de là, nous avons identifié un fil conducteur, un point commun à toutes ces entreprises : l’entreprise altruiste.

Pour lire la suite…

Michelin: une grande entreprise qui a agi pour l’intérêt général

Michelin: une grande entreprise qui a agi pour l’intérêt général

Nous avons publié récemment une tribune sur les PME qui ont transformé leurs activités afin d’aider la lutte contre le COVID-19. Cependant, beaucoup s’interrogent sur l’inaction de grandes entreprises.  Sont-elles trop grandes pour pouvoir se transformer très vite ? Où peut-être, elles se soucient moins que les PME de l’intérêt général ? Comme élément de réponse nous publions ici un extrait de notre livre « L’entreprise altruiste » sur ce que Michelin a fait dans le passé pour l’intérêt général.

Ces grands groupes qui se mettent au service de l’intérêt général

Michelin est un des plus grands fabricants de pneus du monde. La marque est également connue pour ses quelques activités a priori annexes, dont le fameux Guide rouge, la référence en matière de classement de restaurants. Pourtant, classer des restaurants n’était absolument pas la finalité de ce guide qui a commencé à paraître en 1900 – le premier classement étant publié seulement en 1920. Auparavant, le guide contenait les informations nécessaires pour les automobilistes qui s’aventuraient hors des grandes villes : garages, hôtels, et surtout cartes et plans de villes. Cependant, même muni d’un Guide rouge et de cartes imprimées par Michelin, un automobiliste se heurtait à un obstacle de taille. Une fois la route choisie, il fallait encore la trouver sur le « territoire », alors que la plupart des routes en France n’étaient pas signalées. Ensuite, s’il parvenait à la trouver, il n’avait pas le moyen de savoir quelle distance il lui restait à parcourir jusqu’à sa destination finale, car aucun balisage n’existait. Enfin, en arrivant dans un bourg, il ne pouvait savoir s’il s’agissait du bon car aucun panneau ne l’annonçait. Pour les habitants locaux, qui se déplaçaient à cheval depuis des siècles, cela ne posait aucun problème. En revanche, pour les automobilistes en provenance de grandes villes – et clients de Michelin – cela tournait vite au cauchemar. Au début des années 1910, Michelin décida d’agir et c’est ainsi que le premier aménagement du territoire à l’échelle nationale vit le jour, non pas réalisé par un ministère public mais par une entreprise, qui s’est appuyée sur sa division de cartes et de guides. On peut encore voir sur des routes de France les bornes en forme de cubes et les panneaux que Michelin a déployés à ses frais.

Pour lire la suite…

 

Loi PACTE, l’entreprise altruiste et la transformation : Notre entretien dans la revue Lab’thazar

Loi PACTE, l’entreprise altruiste et la transformation : Notre entretien dans la revue Lab’thazar

L’entreprise altruiste : rechercher le bien commun permet de prospérer

Matthieu Biava : Nous parlons très souvent de la loi PACTE comme une loi fondamentale pour inciter les entreprises à penser et affirmer leur rôle au sein de la société : que peut-on en attendre ?

Isaac Getz : Je pense que c’est une évolution importante, la loi PACTE permettant à ceux qui le souhaitent d’avancer dans un cadre juridique clair. Cependant, les entreprises qui créent de la valeur sociale existent depuis des décennies. « Statut n’est pas vertu », autrement dit : le juridique ne peut pas changer la nature des activités cœur de métier de l’entreprise ; seule la transformation en profondeur peut le faire. C’est ce que nous avons pu observer avec Laurent Marbacher, pendant les cinq années au cours desquelles nous avons étudié des organisations que nous avons nommées entreprises altruistes. Sans un engagement de la part du numéro 1 pour que son entreprise ait pour seule finalité la création de valeur sociale, cette transformation ne pourra pas se faire. Chercher à poursuivre simultanément la recherche de valeurs sociale et économique conduit, malheureusement, à la subordination de la première à la seconde. Il suffit de comparer le rapport annuel économique consistant et épais avec le rapport social, qui est souvent moins consistant.

Pour continuer à lire…

 

 

L’altruisme, stade suprême du capitalisme : chronique de Bruno Jacquot dans le Figaro

L’altruisme, stade suprême du capitalisme : chronique de Bruno Jacquot dans le Figaro

Le Figaro Économie, 20 janvier 2020, p. 32

L’altruisme, stade suprême du capitalisme

Isaac Getz et Laurent Marbacher ont identifié une « espèce nouvelle » d’entreprises qui se mettent en quatre pour tous leurs interlocuteurs.

Bruno Jacquot

MANAGEMENT 

Un établissement financier suédois, Handelsbanken ; un laboratoire pharmaceutique japonais, Eisai ; une ETI agroalimentaire française, LSDH… Des sociétés très différentes, mais qui ont un point commun. Chacune, à sa manière, est une « entreprise altruiste », selon le titre de l’ouvrage d’Isaac Getz et Laurent Marbacher. L’un est professeur à l’ESCP et auteur de L’Entreprise libérée (Fayard) ; l’autre, consultant en innovation sociale. Explorateurs du monde du management, ils ont découvert une « « espèce » nouvelle », qu’ils nomment donc « entreprise altruiste ».

Sa caractéristique ? S’attacher à se mettre « inconditionnellement » au service de ses interlocuteurs – clients, fournisseurs, prestataires… « Concrètement, écrivent Getz et Marbacher, ces entreprises altruistes montrent que les profits ne doivent pas être nécessairement la finalité de l’entreprise mais qu’ils peuvent en devenir la conséquence. » Il ne s’agit donc pas de classique philanthropie ou d’un respect scrupuleux d’obligations légales de RSE. Il s’agit d’inscrire la création de valeur sociale dans la stratégie même de l’entreprise, avec la conviction que les profits suivront, in fine.

Lire la suite

Entretien sur l’entreprise altruiste par l’Usine Nouvelle

Entretien sur l’entreprise altruiste par l’Usine Nouvelle

Le 24 Octobre 2019, l’Usine Nouvelle publiait un entretien avec Isaac Getz et Laurent Marbacher autour de leur livre « L’entreprise altruiste ».

 

Comment est née l’idée de ce livre ?

I. Getz : Après avoir travaillé sur les entreprises libérées qui sont plutôt tournées vers l’intérieur—leurs salariés—, je cherchai un nouveau sujet de recherche. Je voulais des entreprises qui, à l’inverse, sont tournées radicalement vers leurs interlocuteurs externes. J’avais l’intuition qu’il y avait un sujet. Elle s’est vérifiée et peu à peu nous avons exploré et étudié comment fonctionnaient ces entreprises, comment elles se sont transformées, mais aussi comment leurs dirigeants se sont transformés.

Laurent Marbacher : Nous avons beaucoup discuté sur la nature de l’entreprise altruiste. Ce sont des organisations dont la philosophie est radicalement différente de celle qui domine dans l’entreprise traditionnelle, celle qui a le profit et la valeur pour l’actionnaire comme horizon. Toutes les entreprises altruistes que nous avons rencontrées ont en commun d’articuler toutes leurs activités de cœur de métier vers le bien commun et ce, de façon inconditionnelle. J’insiste sur ce dernier point. C’est un pari : en servant les autres, les dirigeants pensent qu’ils auront un résultat économique indirect.

Lire la suite…

Chronique sur les entreprises altruistes dans Le Monde

Chronique sur les entreprises altruistes dans Le Monde

LE FÉDOU, OU LA NAISSANCE D’UN NOUVEAU CONCEPT : L’ENTREPRISE ALTRUISTE

Les activités de cœur de métier de ces entreprises servent la communauté locale et leurs fournisseurs de façon inconditionnelle, choix qui les rend prospères, explique Isaac Getz dans sa chronique.

 

Le Monde, le 25 octobre 2019

Selon un dicton local, en Lozère, les corbeaux volent sur le dos pour ne pas y voir la misère. C’est pourtant là, dans le village de Hyelzas sur le Grand Causse, que Florence Pratlong a créé en 1990 une fromagerie : Le Fédou. Son ambition est de lancer une activité économique qui aidera à prospérer ceux qui vivent sur ce territoire : agriculteurs, artisans, instituteurs, etc.

Historiquement, les producteurs de la région fournissent en lait les industriels du Roquefort. Florence Pratlong leur propose alors de travailler ensemble pour améliorer la qualité de leur lait, car elle en a besoin pour produire ses fromages très fins à pâte molle. En contrepartie de cette meilleure qualité, elle leur garantit un prix d’achat plus élevé. Son idée les séduit et la fromagerie grandit jusqu’à employer vingt salariés, livrant ses fromages partout en France. La commune aussi s’agrandit et passe de 180 à 330 habitants : un menuisier s’y installe, l’école primaire s’agrandit…

Jusqu’ici, rien ne semble vraiment altruiste dans cette histoire d’un industriel qui crée une affaire et qui persuade ses fournisseurs d’augmenter la qualité de leur matière première afin de valoriser ses produits. Cette success story ne va pourtant pas durer.

Un jour, un grave problème de contamination met à mal la production de tous les fromages à pâte molle. Seules les tommes résistent et permettent à la fromagerie de survivre. Cependant, les tommes sont vendues à un prix plus bas que les fromages à pâte molle. De ce fait, elles ne permettent pas à la fromagerie de rentabiliser le prix élevé du lait acheté à ses douze éleveurs de brebis. Inutile alors de voir le film Au nom de la terre pour imaginer une suite, dans laquelle seuls les agriculteurs vont faire les frais de la situation.

Vous pouvez lire le texte en entier ici.

Pin It on Pinterest