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Notre entretien dans « Réponse Conso »

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L’ENTREPRISE ALTRUISTE OU COMMENT DONNER SANS CONDITION EST PROFITABLE

Publié le 19 mars 2020

Isaac Getz et Laurent Marbacher ont signé avec L’Entreprise Altruiste un livre inspirant, fruit de 5 ans de recherches et de rencontres d’entrepreneurs partout dans le monde. La bonne nouvelle est que les entreprises qui se mettent au service inconditionnel des autres, fournisseurs et clients, à travers leur cœur de métier, prospèrent et traversent plus facilement les périodes de crise. Alors qu’est-ce qu’on attend pour faire le bien ?

L’Entreprise Altruiste fait partie de ces livres qui redonnent foi en l’humanité, rien que ça ! A travers l’étude de dizaines d’entreprises partout dans le monde, les auteurs parviennent à cette conclusion simple : quand une entreprise cherche en premier et surtout à se mettre au service de l’autre sans conditions, elle prospère et les bénéfices deviennent une résultante de ses actions sociales. Mieux : elle affronte plus facilement les crises comme la crise financière de 2008, ou celle qui se dessine sous nos yeux avec le Coronavirus et l’arrêt de l’activité économique pour de très nombreuses entreprises. Et ce, quelque soit la taille de l’entreprise ou sa localisation.

Confiance et relations authentiques

Si les entreprises étudiées dans le livre n’ont pas toutes le même profil, ni la même taille (certaines sont d’énormes multinationales, d’autres de petites PME), ni le même secteur d’activité, elles partagent toutes une constante : un patron engagé et qui fait confiance aux salariés. Dans ces entreprises, les collaborateurs ont une grande liberté d’action et là où d’autres structures engagent de lourds budgets internes en vérification et contrôles, ces organisations poussent au contraire à être responsables et autonomes. Car finalement, qui de mieux que les salariés sur le terrain pour connaître les besoins du terrain ?
Au niveau local, une grande liberté est ainsi donnée aux collaborateurs pour qu’ils fassent tout pour les intérêts de leurs clients et de leurs fournisseurs. Et ça marche ! L’authenticité des rapports avec les différents partenaires dans ces entreprises permet de se serrer les coudes quand l’un traverse des moments difficiles pour qu’in fine toute la chaine de valeur s’en sorte et prospère.

Existe-t-il une recette magique ? Comment opérer une transformation d’entreprise pour aller dans le bon sens et devenir une entreprise altruiste ? Nous avons posé la question aux auteurs Isaac Getz, Professeur de leadership et de l’innovation à l’ESCP et conférencier, et Laurent Marbacher, innovateur social.

Comment définissez-vous l’entreprise altruiste ?

Isaac Getz : Pour faire très simple, les entreprises altruistes ne recherchent pas la finalité économique, mais le bien commun et la création de valeur sociale. Ce sont des entreprises qui se sont mises au service inconditionnel de leurs interlocuteurs économiques – les clients, les fournisseurs, les communautés locales où elles opèrent – et elles le font à travers leurs activités de cœur de métier. Et ce que nous avons découvert et qui est étonnant, c’est que grâce à cette orientation sociale, au service des acteurs de la société, ces entreprises prospèrent économiquement.

Vous avez décrit dans un précédent ouvrage le concept « d’entreprise libérée » : quelle est la différence avec l’entreprise altruiste ?

I.G. : Ce sont deux notions qui n’entrainent pas la même transformation.
En entreprise libérée, on adapte les pratiques managériales pour que l’organisation se mette au service des salariés.
Avec l’entreprise altruiste, il s’agit de transformer les rapports avec les clients et fournisseurs, qui sont d’ordinaire de transactions économiques, en relations authentiques, amicales. On traite son interlocuteur comme s’il était un ami, et dans la vie on ne demande pas à un ami de l’être seulement à condition d’avoir un bon retour sur investissement avec lui. La façon d’aborder l’autre est complètement différente.

Vous répétez régulièrement dans votre livre qu’il n’y a pas de recettes, mais peut-on toutefois extraire quelques ingrédients de base qui font le succès d’une entreprise altruiste ?

Laurent Marbacher : Même s’il existe beaucoup de chemins différents pour devenir et être une entreprise altruiste, on peut toutefois isoler quatre points essentiels.
Le premier et le plus important est l’engagement du patron. La transformation de l’entreprise est vécue personnellement et profondément par le dirigeant, bien souvent suite à un cheminement personnel, assez lent, qui a amené le dirigeant à changer sa philosophie de vie. C’est une caractéristique importante, et c’est en ça d’ailleurs qu’on ne peut décrire une recette-type car ce cheminement est unique et chaque dirigeant va y mettre des mots et une réalité différente.

Le deuxième point est intimement lié au premier et a trait aux modes d’actions que vont mettre en place et s’approprier les collaborateurs autour du dirigeant. Prenons l’exemple décrit dans le livre du laboratoire japonais Eisai : quand son patron décide de modifier la raison d’être de l’entreprise et qu’il indique à tous ses interlocuteurs que le laboratoire n’est plus un centre de recherche qui produit et vend des médicaments et que sa finalité est désormais de soulager la souffrance des patients et de leur famille, il ne donne aucune indication sur la mise en place de cette nouvelle orientation en interne et ce que cela peut supposer en nouveaux processus dans les unités, ni ne déroule un plan de communication bien huilé pour l’extérieur. Simplement le patron parle de cette finalité comme une invitation qu’il fait aux autres et qui appelle autrui, à l’intérieur de l’entreprise, à l’interpréter, à la comprendre et à prendre des initiatives dans le sens de cette orientation. En terme de leadership, cette dimension est extrêmement importante.

Le troisième point est lié à la notion « d’interlocuteur », l’autre dans la relation. En effet, quand on parle des activités cœur de métier au service des interlocuteurs externes de façon inconditionnelle, nous parlons de relations avec des personnes qui ont un nom et un visage. C’est pourquoi nous n’aimons pas trop le terme de « parties prenantes » utilisé en RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et qui déshumanise en quelque sorte les rapports. Avec les entreprises altruistes, à aucun moment l’autre (client, fournisseur, communauté locale) n’est instrumentalisé au profit d’une idéologie d’entreprise particulière.

Lire la suite de l’entretien ici

Notre entretien dans « Entreprise & Carrières »

Notre entretien dans « Entreprise & Carrières »

« Donner sans condition est la clé du succès »

EXTRAIT :

Vous avez trouvé la réponse ?
Notre crainte était de ne pas avoir suffisamment de matière pour nourrir cette réflexion. Or nous avons non seulement trouvé de nombreux exemples mais découvert que cette philosophie était pratiquée tant par des petites entreprises que par des multinationales, dans tous les secteurs d’activité et de nombreux pays. Nous avons rencontré un laboratoire japonais, une banque suédoise, un réseau de distribution scandinave. Ce qui les caractérise ?  Toutes leurs activités sont au service de leurs interlocuteurs externes -clients, fournisseurs, territoires … – qu’elles servent de manière inconditionnelle sans subordonner ces relations aux intérêts économiques. Et grace à ce choix, elles progressent et prospèrent Cela va air delà de la RSE car ce ne sont pas des services développés à côté mais au cœur même de leur modèle. Ces interlocuteurs externes ne sont pas non plus assimilables aux parties prenantes, un terme trop générique. Ils ont des visages ! Et ce n’est pas neutre car c’est un moyen de s’inscrire dans une relation authentique et de traiter ces personnes non pas en « entités » mais en amis.

Lire l’ensemble de l’entretien ici.

L’entreprise libérée, l’entreprise altruiste et Lévinas : notre interview pour LE MAG Time to engage

L’entreprise libérée, l’entreprise altruiste et Lévinas : notre interview pour LE MAG Time to engage

Isaac Getz : l’entreprise altruiste

Chercheur, conférencier et essayiste, Isaac Getz est professeur à l’ESCP Europe et l’auteur de Liberté & Cie, L’entreprise libérée et Leadership sans ego.
Il a écrit son dernier livre L’entreprise altruiste (Albin Michel, 2019) avec Laurent Marbacher, innovateur social, notamment fondateur de la Team Academy et de la première banque de micro-crédit au Chili et accompagnateur de dirigeants.

– Qu’entendez-vous par altruisme? Ce mot semble a priori loin de l’entreprise et de ses priorités actuelles, non?

Quand nous parlons de l’entreprise altruiste, nous parlons du mot qui vient du latin alter, “l’autre. L’entreprise altruiste se met au service inconditionnel de l’autre, dans le sens Lévinassien du terme. C’est différent de l’entreprise classique, tournée vers elle-même. Logiquement, et non pas par malveillance, celle-ci instrumentalise ses interlocuteurs externes—clients, fournisseurs, la communauté où elle opère. Tous ces acteurs n’ayant plus de visage, deviennent des moyens, des choses. Or, comme le dit Lévinas dans Difficile liberté, « Le visage est un mode irréductible selon lequel l’être peut se présenter dans son identité. Les choses, c’est ce qui ne se présente jamais personnellement et, en fin de compte, n’a pas d’identité. A la chose s’applique la violence. » 

Il faut ajouter que bien que l’entreprise altruiste sert l’autre inconditionnellement, elle prospère économiquement : c’est le paradoxe que l’on explique dans le livre.

 

Pour continuer à lire…
Entretien sur l’entreprise altruiste par l’Usine Nouvelle

Entretien sur l’entreprise altruiste par l’Usine Nouvelle

Le 24 Octobre 2019, l’Usine Nouvelle publiait un entretien avec Isaac Getz et Laurent Marbacher autour de leur livre « L’entreprise altruiste ».

 

Comment est née l’idée de ce livre ?

I. Getz : Après avoir travaillé sur les entreprises libérées qui sont plutôt tournées vers l’intérieur—leurs salariés—, je cherchai un nouveau sujet de recherche. Je voulais des entreprises qui, à l’inverse, sont tournées radicalement vers leurs interlocuteurs externes. J’avais l’intuition qu’il y avait un sujet. Elle s’est vérifiée et peu à peu nous avons exploré et étudié comment fonctionnaient ces entreprises, comment elles se sont transformées, mais aussi comment leurs dirigeants se sont transformés.

Laurent Marbacher : Nous avons beaucoup discuté sur la nature de l’entreprise altruiste. Ce sont des organisations dont la philosophie est radicalement différente de celle qui domine dans l’entreprise traditionnelle, celle qui a le profit et la valeur pour l’actionnaire comme horizon. Toutes les entreprises altruistes que nous avons rencontrées ont en commun d’articuler toutes leurs activités de cœur de métier vers le bien commun et ce, de façon inconditionnelle. J’insiste sur ce dernier point. C’est un pari : en servant les autres, les dirigeants pensent qu’ils auront un résultat économique indirect.

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Emission de Cadremploi.fr au studio du Figaro sur le livre « L’entreprise altruiste »

Emission de Cadremploi.fr au studio du Figaro sur le livre « L’entreprise altruiste »

Voici l’émission « Plein Cadre » de Cadremploi.fr (les 3 minutes de début disponible ci-dessous) enregistrée dans le studio du Figaro où nous parlons de notre ouvrage avec la journaliste du Figaro Sylvia Di Pasquale (vous pouvez voir aussi la vidéo entière)

 

Générosité, confiance, gratitude… et s’il existait des entreprises altruistes ?

Sylvia Di Pasquale

16/10/2019

Plein Cadre –  l’émission qui pimpe la carrière des cadres – a reçu trois invités pour débattre de L’entreprise altruiste, fruit de 5 années de recherche signé Isaac Getz et Laurent Marbacher, à paraître le 17 octobre chez Albin Michel.

Isaac Getz est chercheur, conférencier, professeur à l’ESCP Europe. Il est l’auteur de L’entreprise libéréeLiberté & Cie et Leadership sans ego.

Laurent Marbacher accompagne depuis plus de 20 ans des dirigeants qui marient business et humain. Il a co-créé la première banque de micro-crédits au Chili, avec l’aide de Muhammad Yunus, l’inventeur du micro-crédit et prix Nobel de la paix en 2006.

Paula Fabiani a créé et dirige Wisecom, un centre d’appels qui fait tout l’inverse des autres et se définit comme une entreprise citoyenne et atypique. Dès sa création en 2005, elle choisit de l’installer en plein cœur de Paris plutôt que de le délocaliser dans des pays à bas coûts de main d’oeuvre. Paula Fabiani est également présidente du Comex 40 – Medef. Ce comité est composé de la nouvelle génération de chefs d’entreprises quadra et travaille notamment sur le rôle de l’entreprise dans la  remise en question de la démocratie libérale.

 

Qu’appelez-vous une entreprise « altruiste » ?

Laurent Marbacher : Pour nous, une entreprise « altruiste » a deux caractéristiques : elle met ses activités de cœur de métier au service de ses interlocuteurs extérieurs (clients, fournisseurs, communautés locales) ; et elle le fait de façon inconditionnelle, c’est-à-dire sans rechercher le profit directement.

 

Mais si ces entreprises se désintéressent du profit, sont-elles tout de même prospères ?

Isaac Getz : oui, elles dépassent même largement leurs concurrents qui cherchent directement le profit. Elles, elles en bénéficient.

 Je vous donne tous les droits pour satisfaire nos clients, quel qu’en soit le coût et sans demander la permission à quiconque.

Devise affichée à l’arrière des boutiques Acuitis, GrandOptical ou Châteauform’ par son boss, Daniel Abittan.

 

Est-ce que les entreprises que vous avez visitées se qualifiaient elles-mêmes d’altruistes ?

Isaac Getz : Elles n’utilisaient pas ce vocable. D’ailleurs nous avons cherché longtemps le concept qui pouvait englober tous les critères. Chaque entreprise estime qu’elle a son propre « modèle », « ADN », « voie ». Mais elles ne cherchaient pas du tout à le conceptualiser et elles n’imaginaient pas que leur mode de fonctionnement pouvait inspirer quelqu’un d’autre.

 

Y-a-t-il un point commun à toutes ces entreprises ?

Isaac Getz : le leader à la tête de ces entreprises est aussi important que l’entreprise elle-même.

 

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