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Loi PACTE, l’entreprise altruiste et la transformation : Notre entretien dans la revue Lab’thazar

Loi PACTE, l’entreprise altruiste et la transformation : Notre entretien dans la revue Lab’thazar

L’entreprise altruiste : rechercher le bien commun permet de prospérer

Matthieu Biava : Nous parlons très souvent de la loi PACTE comme une loi fondamentale pour inciter les entreprises à penser et affirmer leur rôle au sein de la société : que peut-on en attendre ?

Isaac Getz : Je pense que c’est une évolution importante, la loi PACTE permettant à ceux qui le souhaitent d’avancer dans un cadre juridique clair. Cependant, les entreprises qui créent de la valeur sociale existent depuis des décennies. « Statut n’est pas vertu », autrement dit : le juridique ne peut pas changer la nature des activités cœur de métier de l’entreprise ; seule la transformation en profondeur peut le faire. C’est ce que nous avons pu observer avec Laurent Marbacher, pendant les cinq années au cours desquelles nous avons étudié des organisations que nous avons nommées entreprises altruistes. Sans un engagement de la part du numéro 1 pour que son entreprise ait pour seule finalité la création de valeur sociale, cette transformation ne pourra pas se faire. Chercher à poursuivre simultanément la recherche de valeurs sociale et économique conduit, malheureusement, à la subordination de la première à la seconde. Il suffit de comparer le rapport annuel économique consistant et épais avec le rapport social, qui est souvent moins consistant.

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Chronique sur les entreprises altruistes dans Le Monde

Chronique sur les entreprises altruistes dans Le Monde

LE FÉDOU, OU LA NAISSANCE D’UN NOUVEAU CONCEPT : L’ENTREPRISE ALTRUISTE

Les activités de cœur de métier de ces entreprises servent la communauté locale et leurs fournisseurs de façon inconditionnelle, choix qui les rend prospères, explique Isaac Getz dans sa chronique.

 

Le Monde, le 25 octobre 2019

Selon un dicton local, en Lozère, les corbeaux volent sur le dos pour ne pas y voir la misère. C’est pourtant là, dans le village de Hyelzas sur le Grand Causse, que Florence Pratlong a créé en 1990 une fromagerie : Le Fédou. Son ambition est de lancer une activité économique qui aidera à prospérer ceux qui vivent sur ce territoire : agriculteurs, artisans, instituteurs, etc.

Historiquement, les producteurs de la région fournissent en lait les industriels du Roquefort. Florence Pratlong leur propose alors de travailler ensemble pour améliorer la qualité de leur lait, car elle en a besoin pour produire ses fromages très fins à pâte molle. En contrepartie de cette meilleure qualité, elle leur garantit un prix d’achat plus élevé. Son idée les séduit et la fromagerie grandit jusqu’à employer vingt salariés, livrant ses fromages partout en France. La commune aussi s’agrandit et passe de 180 à 330 habitants : un menuisier s’y installe, l’école primaire s’agrandit…

Jusqu’ici, rien ne semble vraiment altruiste dans cette histoire d’un industriel qui crée une affaire et qui persuade ses fournisseurs d’augmenter la qualité de leur matière première afin de valoriser ses produits. Cette success story ne va pourtant pas durer.

Un jour, un grave problème de contamination met à mal la production de tous les fromages à pâte molle. Seules les tommes résistent et permettent à la fromagerie de survivre. Cependant, les tommes sont vendues à un prix plus bas que les fromages à pâte molle. De ce fait, elles ne permettent pas à la fromagerie de rentabiliser le prix élevé du lait acheté à ses douze éleveurs de brebis. Inutile alors de voir le film Au nom de la terre pour imaginer une suite, dans laquelle seuls les agriculteurs vont faire les frais de la situation.

Vous pouvez lire le texte en entier ici.

Altruism can be good for business, as these companies show

Altruism can be good for business, as these companies show

Le 17 octobre, nous avons publié un article sur le site du World Economic Forum autour des idées de « L’entreprise altruiste ».

On Oct. 17, we have published an article on the World Economic Forum site on « The altruistic corporation » topic.

Despite all the benefits that capitalism has brought to society, we have reached the moment when its downsides – social and environmental – have begun to outweigh its positive effects.

Attempts to eliminate the negative social effects of business started as far back as the 1800s. Nevertheless, the dominant corporate attitude has always been the pursuit of financial value, either unconstrained – leaving social concerns to philanthropy – or, more recently, constrained by the simultaneous pursuit of the social value, through such approaches as corporate social responsibility (CSR), bottom-of-the-pyramid ventures or even movements like B-corporations or ‘conscious capitalism’.

These approaches do create certain social value, but this creation is constrained by the pursuit of profit. In sum, creating social value is considered OK as long as it does not harm your bottom line.

So why has a large Japanese pharmaceutical company, Eisai, delivered 2.2 billion tablets of its drug against elephantiasis, a painful and profoundly disfiguring disease threatening 886 million people in 52 countries, to the World Health Organization for free? Why has LSDH, a leading French milk and juice packer, created a little lodge next to its main entrance to provide shelter and showers to outside drivers while they are waiting for long hours for their trucks to be loaded? Why does the FruitGuys, an American fruit-delivery company, agree to buy all of its supplier’s pears, even when they do not reach quality standards, because of an accident in his orchard?

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